Comment suivre ses investissements (tableur + outils)
Vous investissez mais vous ne savez pas vraiment où vous en êtes, si vos frais grignotent vos gains, ni si votre répartition correspond encore à votre profil ? Vous n’êtes pas seul. Beaucoup d’épargnants commencent, puis se sentent vite dépassés par la multiplicité des comptes (PEA, CTO, crypto), des lignes et des devises. La bonne nouvelle : avec un simple tableur et quelques outils bien choisis, vous pouvez reprendre le contrôle.
Dans cet article, nous allons vous montrer une méthode claire, adaptée à plusieurs profils. Vous verrez comment structurer un tableur efficace, quelles métriques suivre sans jargon inutile, et quels outils utiliser pour automatiser une partie du suivi. Que vous soyez débutant prudent, investisseur long terme, chasseur de dividendes ou orienté crypto, vous repartirez avec un plan concret.
Contexte 2025-2026 : les marchés restent volatils, les frais et la fiscalité comptent plus que jamais, et la discipline fait la différence. L’objectif n’est pas de prédire l’avenir, mais de construire un suivi robuste, régulier et aligné sur vos objectifs (retraite, projet immobilier, protection du pouvoir d’achat) et votre horizon (court, moyen, long terme).
Promesse : à la fin de votre lecture, vous saurez comment bâtir un tableau de bord simple pour vos investissements et quels outils utiliser selon votre style, avec un cap clair pour avancer dès aujourd’hui.

Comprendre l’essentiel, simplement
Suivre ses investissements consiste à enregistrer ce que vous achetez, quand, à quel prix, avec quels frais, et à comparer la valeur de vos positions à ce que vous avez réellement investi. Le but n’est pas de “surveiller les cours” en permanence, mais d’avoir une vision nette de votre progression, de votre allocation (actions, obligations, liquidités, crypto) et de votre discipline (apports réguliers, rééquilibrages).
Quelques termes utiles, sans jargon superflu :
- PEA (Plan d’Épargne en Actions) : enveloppe française pour investir en actions/ETF éligibles, avec avantage fiscal après plusieurs années, mais un univers d’investissement restreint.
- CTO (Compte-Titres Ordinaire) : flexible, accessible à un univers plus large (actions internationales, ETF non éligibles PEA), fiscalité standard des valeurs mobilières.
- ETF (fonds indiciels) : panier diversifié qui réplique un indice. Simplicité, frais généralement bas, bon outil pour investir sans sélectionner des actions individuelles.
- DCA (Dollar-Cost Averaging) : investir une somme fixe à intervalles réguliers. Cela lisse les points d’entrée et aide à tenir le plan sans se soucier du “timing”.
- PRU (Prix de Revient Unitaire) : coût moyen par part/action, frais inclus. Indispensable pour mesurer correctement vos gains/pertes.
Exemple simple : vous investissez chaque mois sur un ETF “monde” via votre PEA. Dans votre tableur, vous ajoutez à chaque ordre la date, le montant, les frais et la quantité achetée. Le tableau calcule votre PRU, la valeur actuelle, la part de votre portefeuille que représente l’ETF, et l’écart par rapport à votre allocation cible. Une fois par trimestre, vous vérifiez si un rééquilibrage est nécessaire et si vos frais restent maîtrisés.
Quelle option selon votre profil ?
- Débutant prudent (simplicité, frais clairs) : commencez par un tableur minimaliste (Google Sheets ou Excel) + un agrégateur simple pour visualiser votre portefeuille. Optez pour un courtier clair sur les frais et la fiscalité, et un seul ETF large (type “monde”) via un PEA si vous êtes éligible. Pourquoi ? Parce qu’un cadre simple vous évite la dispersion, facilite le suivi et limite les erreurs au démarrage.
- Investisseur long terme (ETF, automatisation) : ciblez une allocation sobre (ex. actions monde + obligations) et programmez des versements automatiques (DCA). Utilisez un PEA pour les ETF éligibles et un CTO si vous avez besoin d’ETF non éligibles. Un outil de suivi capable de calculer une performance pondérée par les flux (type XIRR) aide à mesurer votre progression réelle. Avantages : fiscalité potentiellement optimisée via PEA, diversification large, discipline grâce à l’automatisation.
- Profil orienté crypto : privilégiez un exchange régulé et reconnu, avec des frais de retrait transparents. Séparez “investissement long terme” et “expérimentation”. Tenez un journal des dépôts/retraits et transférez le stockage long terme sur un cold wallet (portefeuille matériel déconnecté) pour la sécurité. Utilisez un tracker crypto pour les valorisations, mais gardez un tableur pour le coût d’acquisition et la fiscalité.
- Chasseur de dividendes : choisissez un courtier qui gère bien les dividendes étrangers (retenues à la source, documents fiscaux). Dans votre tableur, suivez les dates de détachement, les montants nets perçus et le rendement sur coût. Attention aux frais de change et à la concentration sectorielle : le suivi doit vous alerter si votre portefeuille devient trop dépendant de quelques titres.
- Actif / curieux de comparatifs : avant de multiplier les lignes, comparez vraiment vos options (ex. “ETF World vs S&P 500”, “PEA vs CTO pour ETF US”, “Exchange A vs Exchange B pour frais de retrait”). Un comparatif clair vous évite des coûts cachés et vous aide à choisir des outils compatibles avec votre méthode de suivi.
Comparer les options : cas pratiques
Le but n’est pas de deviner quel choix “performera” le mieux, mais de comprendre l’impact sur la simplicité, les frais, la fiscalité et la discipline. Voici deux scénarios fréquents, expliqués pas à pas.
- Scénario 1 : DCA mensuel vs somme unique. Vous disposez d’une somme à investir et hésitez entre tout investir maintenant ou lisser sur plusieurs mois. La logique de décision :
- Si la volatilité vous stresse et que vous pourriez dévier du plan après une baisse, le DCA vous aide à tenir le cap. Votre tableur enregistre des apports réguliers, ce qui facilite le suivi et l’IRR (XIRR) reflète votre performance réelle.
- Si votre horizon est long et votre tolérance au risque solide, investir en une seule fois simplifie la mise en œuvre et réduit parfois les frais liés à des ordres multiples. Votre suivi se concentre alors sur l’allocation cible et les rééquilibrages périodiques.
- Dans tous les cas, définissez une règle claire dans votre tableur (dates d’apport, montants, seuils de rééquilibrage) et respectez-la.
- Scénario 2 : ETF World vs S&P 500, PEA vs CTO. Choisir un ETF “monde” diversifie sur de nombreuses zones géographiques. Un ETF S&P 500 concentre sur les grandes capitalisations US. La méthode :
- Simplicité : un seul ETF “monde” est plus plug-and-play. Le suivi est facile (une ligne majeure), et l’allocation géographique est intégrée.
- Frais et fiscalité : selon votre pays, un ETF éligible PEA peut offrir un avantage fiscal après la durée requise. Les ETF US logés en CTO impliquent une fiscalité différente et parfois des retenues à la source sur dividendes. Votre tableur doit prévoir colonnes “retenue à la source” et “frais de change” pour comparer proprement.
- Diversification : l’ETF monde réduit le risque de concentration. Si vous choisissez S&P 500, envisagez une ligne complémentaire (ex. marchés hors US) pour rééquilibrer. Le suivi doit afficher la part US vs reste du monde.
Recommandations rapides selon profil
Voici un plan d’action concret, orienté “tableur + outils”, à adapter à votre situation :
- Débutant prudent
- Ouvrez un compte chez un courtier régulé, choisissez un seul ETF éligible PEA si possible.
- Créez un tableur minimal : colonnes essentielles (Date, Compte, Ticker, Quantité, Prix, Frais, Montant, PRU, Valeur).
- Programmez un virement automatique mensuel et mettez à jour le tableau le même jour chaque mois.
- Utilisez un agrégateur simple pour visualiser le total par enveloppe (PEA/CTO) et par classe d’actifs.
- Investisseur long terme (ETF + DCA)
- Définissez une allocation cible (ex. 80% actions monde, 20% obligataires) et une bande de tolérance (ex. ±5%).
- Automatisez les apports et laissez le rééquilibrage se faire lors des nouveaux achats (“rebalancing par flux”).
- Suivez l’IRR (XIRR) dans le tableur pour une vision “pondérée par les apports”.
- Vérifiez les frais de courtage et de change Annuellement; ajustez si besoin.
- Chasseur de dividendes
- Ajoutez des colonnes “Dividende brut”, “Retenue à la source”, “Dividende net”, “Rendement sur coût”.
- Suivez un calendrier de détachement/versement et enregistrez les encaissements pour ne rien oublier.
- Comparez les coûts réels (frais de change, fiscalité) entre PEA et CTO selon les titres choisis.
- Orienté crypto
- Utilisez un exchange reconnu, activez l’authentification forte, et migrez vos positions long terme en cold wallet.
- Dans le tableur : Date, Coin, Exchange/Wallet, Quantité, Prix d’achat, Frais, Montant, Référence de transaction.
- Employez un portfolio tracker crypto pour la valorisation en temps réel, sans négliger le suivi “coût & fiscalité” dans le tableur.
- Profil actif / comparatifs
- Avant d’ajouter un nouvel outil, faites un mini comparatif coûts/fonctionnalités/simplicité.
- Standardisez vos colonnes pour que toutes les lignes soient comparables (actions, ETF, crypto).
- Évitez la dispersion : moins d’outils, bien paramétrés, valent mieux que trop d’applis non synchronisées.
Questions fréquentes
Est-il trop tard pour commencer à investir ?
Non. Le plus important est la méthode, la régularité et un horizon adapté à vos objectifs. Commencez petit, automatisez des apports, et suivez vos investissements avec un tableau de bord simple. La discipline et la diversification comptent davantage que le “timing”.
ETF ou actions individuelles pour démarrer ?
Pour la plupart des débutants, les ETF offrent une diversification immédiate et un suivi simplifié. Les actions individuelles demandent plus de temps d’analyse et augmentent le risque de concentration. La simplicité aide à tenir le plan, surtout avec un DCA automatisé.
Faut-il mélanger bourse et crypto ?
Cela dépend de votre tolérance au risque et de vos objectifs. Si vous ajoutez de la crypto, limitez la part au sein d’une allocation globale, sécurisez le stockage (cold wallet) et suivez précisément les apports, frais et transferts. Évitez le trading impulsif, restez méthodique.
Conclusion
Suivre ses investissements, ce n’est pas “regarder les cours”, c’est piloter un plan : objectifs clairs, horizon défini, allocation simple, apports réguliers, frais contrôlés. Partez de votre profil, choisissez un ensemble minimal d’outils, construisez un tableur propre et tenez votre calendrier de mise à jour. Vous gagnerez en sérénité et en lisibilité sur votre progression.
Étape suivante recommandée : consultez un comparatif de courtiers PEA/CTO et choisissez l’option compatible avec votre méthode de suivi. Téléchargez un modèle de tableur ou créez le vôtre avec les colonnes clés évoquées. Rappelez-vous les bons réflexes : frais faibles, diversification, automatisation, sécurité (surtout pour la crypto).
Prochain contenu suggéré : “ETF World vs S&P 500 : comment choisir selon votre profil ?” ou “Mettre en place un DCA efficace en 30 minutes”. Vous avez désormais la méthode pour suivre ; il ne reste qu’à l’appliquer avec régularité.